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Germinal (Rougon-Macquart t. 13) de Émile Zola

Germinal (Rougon-Macquart t. 13)

Par Émile Zola

Germinal (Rougon-Macquart t. 13)

Format Kindle, 384 pages

Paru le 22 juin 2017

Prix éditeur
1,78 €
Langue
Français

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Format : Format Kindle, 384 pages
Date de publication : 22 juin 2017
Langue : Français
Prix éditeur : 1,78 €

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Résumé

RÉSUMÉ:
Décrétant une baisse de salaire en raison de la crise économique, la Compagnie des Mines adopte une position très dure et refuse toute négociation avec ses employés. Affamés par des semaines de lutte, un anarchiste sabote la mine. L'effondrement causera la mort de plusieurs mineurs, alors que quatre survivants devront attendre l'arrivée des secours. Conscients de l'injustice dont ils sont victimes, les mineurs comptent sur l'organisation syndicale et politique pour améliorer leur condition.

À PROPOS DE L'AUTEUR:
Émile Zola, né le 2 avril 1840 et mort le 29 septembre 1902 à Paris est un romancier considéré comme un chef de file du naturalisme. Auteur prolifique, ses romans sont parmi les plus populaires, les plus traduits et parmi les plus souvent adaptés pour le cinéma. Ardent défenseur de la vérité et de la justice, Zola fera ses débuts comme journaliste littéraire mais aussi comme polémiste, où son engagement politique sera marquant.

EXTRAIT DU LIVRE:
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.

L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait
contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner.

Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois
brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas.

Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.

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